miroirs-découverte de l'Antartique
Cliquez ici pour découvrir le Journal Mosaïque de ce mois
L'Antartique-Le relief-La faune-L'Antartique : archive de la planète- Encyclopédie de l'Antartique

L'Antarctique est un continent à part : d'une surface de 4,2 millions de km2 en été (le double en hiver), recouvert à 95% d'une couche de glace qui recèle à elle seule 90 % de la glace et 70 % de l'eau douce de la terre, il est, avec une altitude moyenne de 2300m, le continent le plus élevé mais également le plus froid (jusqu'à -70°C en hiver) et celui où soufflent les vents les plus violents (les vents catabatiques qui peuvent atteindre 320 km/h).

Dans ces conditions, le fait qu'il soit aussi le seul continent inhabité sur terre n'étonnera personne. Coté faune on trouve tout de même quelques invertébrés pas particulièrement frileux, des mammifères marins et de nombreux oiseaux dont les fameux manchots Empereur mis en scène dans le film
" La marche de l'Empereur ".

L'Antarctique commence à être approché, bien que difficilement, aux environs du 18e siècle mais c'est seulement en 1911 qu'un drapeau Norvégien sera planté à l'emplacement exact du pôle sud.


LE RELIEF
25 fois plus grand que la France, il est formé de deux parties :

· à l'est du méridien de Greenwich, un plateau d'environ 10 millions km² (anciennement rattaché à l'Australie)
· à l'ouest, la Péninsule Antarctique, formant le prolongement de la Cordillère des Andes

C'est la chaîne des Monts Transantarctiques (2 500 km de long) qui les sépare.
Sa calotte glaciaire, qui le recouvre presque entièrement (59 000 km²), dépasse parfois 4 500 m d'épaisseur, et constitue 90% de l'eau douce du Globe. Certains icebergs peuvent dépasser la taille de la Corse.

LA TEMPERATURE
L'hiver, elles peuvent atteindre -70°C dans les terres et -35°C sur les côtes
· L'été, elles oscillent entre 5°C (sur les côtes) et -35°C (dans les terres)

Le continent détient le record mondial de la température la plus basse, avec -89°C à la base de Vostok (base russe installée en 1957). Malgré toute la neige et la glace que contient le continent, l'Antarctique est considéré comme un désert, car les précipitations annuelles, plafonnant à 50 mm, sont comparables à celles du Sahara.



LA FAUNE
Dans les terres, on ne trouve que très peu d'animaux, qui se rapprochent plus des organismes microscopiques.

Dans l'océan antarctique quelques espèces notamment d'oiseaux formant une biomasse énorme cohabitent grâce à des eaux très riches en nutriments et en oxygène. La séparation avec les autres océans est une véritable frontière de brume où la température passe en moyenne de 6 à 16º en quelques km.


LES REGIONS POLAIRES
L'obscurité permanente qui règne l'hiver, et la température qui ne s'y élève pas au-dessus de zéro en font l'environnement le plus inhospitalier de notre planète.

Les richesses que l'été y apporte, surtout dans les océans, ont cependant permis à une quantité surprenante d'animaux sauvages d'y trouver les moyens de survivre aux rigueurs du climat hivernal.

Une canicule occasionnelle peut y faire monter le thermomètre l'hiver à - 21 °C, mais l'été la température moyenne est d'environ - 33 °C, en plein hiver, elle est voisine de - 68 °C, avec des pointes à -88 °C.

La vie semble impossible, et pourtant, sur les sommets des montagnes pousse une végétation de mousses, de lichens et d'hépatiques trilobées.
En hiver, les montagnes sont aussi froides que la glace, mais l'été la roche absorbe la chaleur du soleil qui brille 24 heures sur 24 et s'échauffe jusqu'à atteindre une température de 5 à 6 °C.

L'environnement que représentent les eaux polaires est incomparablement plus favorable que celui offert par les zones terrestres.
Les eaux des océans polaires sont très riches en oxyde de carbonne et en oxygène ainsi qu'en minéraux.
Elles offrent les conditions idéales pour que les algues microscopiques (phytoplancton) constituent des jardins flottants.
Elles attirent de vastes quantités de minuscules organismes flottants, parmi lesquels le krill : ses grandes masses fournissent une abondance alimentation aux poissons, aux crustacés, aux calmars et aux autres animaux dont il constitue la nourriture principale.

Les oiseaux marins, les manchots et les phoques, éléments importants de la faune antartique prennent part au festin.


650 000 ans d'archives climatiques sorties des glaces

Climat .
Jamais la quantité de gaz carbonique dans l'air n'a été aussi élevée, selon une étude de chercheurs européens. Leurs résultats permettent de simuler la machine climatique.
Pris au piège dans de minuscules bulles d'air, elles-mêmes figées depuis des lustres dans les glaces polaires, le climat du passé terrestre vient de livrer ses secrets. 650 000 ans d'archives ont été décryptés par les équipes du projet EPICA (Programme glaciaire européen en Antarctique). Mauvaise nouvelle, jamais la concentration en gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, affirment les chercheurs, dans deux articles publiés dans Science. Bonne nouvelle, ces mesures posent les bases des simulations de la machine climatique.

En juin 2004, les scientifiques de dix pays européens impliqués dans EPICA sortaient du sol polaire une carotte de glace longue de trois kilomètres. Les premières mesures de terrain révélaient 740 000 ans de climat terrestre.
Arrivés dans les laboratoires européens, les cylindres de glace, découpés en rondelles de 3 mètres épaisses de 10 centimètres, ont subi des analyses plus poussées. Objectif : faire parler les petites bulles d'air piégées dans la glace, témoins inestimables du passé atmosphérique.
Un an plus tard, les voilà décryptées. " La concentration de gaz carbonique est aujourd'hui 27 % plus élevée que le plus haut niveau enregistré au cours des 650 000 dernières années ", chiffre Thomas Stocker, de l'Institut de physique de Berne.

Ces résultats viennent étayer de précédentes études, menées à partir de forages sur le site de Volstok, toujours en Antarctique. Ces travaux n'écrivaient l'histoire climatique " que " sur 420 000 ans. Désormais, les aléas atmosphériques sont connus sur 650 000 ans.
Et confirment que " l'activité humaine a des conséquences uniques sur l'atmosphère ", selon Dominique Raynaud, chercheur au Laboratoire de glaciologie et - géophysique de l'environnement (université Josephe-Fournier de Grenoble). " Sur 650 000 ans, on ne retrouve pas de vitesse d'augmentation de teneur en CO2 aussi rapide qu'actuellement ", ajoute le glaciologue.
En deux siècles, l'homme a autant modifié les paramètres climatiques que la variabilité normale l'a fait en dix mille ans. Tandis que le taux de gaz carbonique a oscillé dans des valeurs comprises entre 180 et 280 ppmv (parties par millions en volume), il flirte aujourd'hui avec les 380 ppmv.

L'ensemble des mesures alimenteront le prochain rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Elles permettent d'affiner les modèles de simulation de la machine climatique. Et d'imaginer son avenir... bouillant. Reste aux scientifiques d'EPICA à éplucher la longue carotte témoin glacé de 740 000 ans de l'histoire climatique du globe.

Vincent Defait, l'Humanité


Haut de la page-[menu précédent]






NOMBRE DE VISITEURS ACTUELLEMENT
EN VISITE CE JOUR SUR CE SITE